Fêtes nationales : entre célébrations et disparitions. Archives familiales.








Le 14 juillet 2014, la Fête nationale revêtait un accent particulier pour toutes les familles qui avaient connu des parents saisis par la Première Guerre Mondiale.

Une célébrations avec tous les pays européens impliqués dans cette Grande Guerre. Un massacre généralisé.

J'ai retrouvé ce fragment de lettre de mon grand-père paternel. Elle date de février 1915. Mes grands-parents sont séparés depuis plusieurs mois par la mobilisation de 1914.

Mon père a deux ans et demi.

Il fait froid à Lumigny dans la Brie, mais la famille se serre dans la ferme boulangerie. Il fait encore plus froid sur le front, mais mon grand-père remercie sa famille pour les paquets qu'il reçoit. Il tient à sa propreté et a trouvé où blanchir son linge.

Il s'inquiète surtout de la santé du petit Alfred, des pommes qu'il faut conserver et des haricots qu'il va falloir bientôt semer...toutes denrées qui deviennent rares.

Il disparaîtra quelques mois plus tard, sans laisser de traces.

A la tête de la compagnie qu'il dirigeait comme sous-officier de réserve, ll a été absorbé par la terre d'une tranchée.

Il n'avait que quarante-deux ans, tandis que ma grand-mère atteignait à peine trente.

Les débuts d'une vie familiale, comme celle de tous ses compagnons évanouis.



Un siècle plus tard, je ne vois plus trop ce qu'il y a à célébrer.

Sinon, un papier jauni et des photographies affichant des soldats, devenus des ombres.

Et en 1939, mon père sera mobilisé à son tour.

Il sera fait prisonnier et ne reviendra vers les siens qu'en 1945.

Il m'apprendra à visiter l'Allemagne, comme un pays dont il avait appris les bases d'une langue.

J'apprendrai à mon tour à aimer ce pays et ses habitants et les responsables de l'Office franco-allemand pour la jeunesse qui inspireront la création des Centres de Culture européenne et mes missions européennes à l'Institut des itinéraires culturels.




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