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27 December 1997. Remembering a great artist. Tapta

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  Almost 30 years ago, I lost a friend. Tapta, who was born Maria Wierusz Kowalski 1926 in Kościan, died in Brussels at the end of 1996. I met her for the first time in 1978 and from 1979 until she retired from La Cambre school of art, I was each year part of her jury on textile and soft sculptures. So many brilliant pupils having their diploma works and installations in the most remote and strange places of the city...I can only remember this cold morning, beginning January 1998, when, with her friends, students and with her daughter and son, we gathered around her last major work (Esprit ouvert) recently inaugurated close to North Station Brussels. We all shared the words of Jean-Pierre Van Tieghem , art critic and a good friend who passed away March 2015. I remember the happy moments shared with her husband in their warm environment in Uccle, as well as her enthousiasm in Paris for "Fribres Art" exhibition, in Lausanne for the tapestry biennals, as well as in Villeneuve l...

Un été meurtrier. La disparition d'Alfred Brendel.

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Dans le discours prononcé à Stockholm, Imre Kertész évoque sa propre mort : «  Pourtant, pendant que je préparais ce discours, il m’est arrivé une chose très étrange qui, en un certain sens, m’a rendu ma sérénité. Un jour, j’ai reçu par la poste une grande enveloppe en papier kraft. Elle m’avait été envoyée par le directeur du mémorial de Buchenwald, M.Volkhard Knigge. Il avait joint à ses cordiales félicitations une autre enveloppe, plus petite, dont il précisait le contenu, pour le cas où je n’aurais pas la force de l’affronter. A l’intérieur, il y avait une copie du registre journalier des détenus du 18 février 1945.  Dans la colonne « Abgänge », c’est-à-dire « pertes », j’ai appris la mort du détenu numéro soixante-quatre mille neuf cent vingt et un, Imre Kertész, né en 1927, juif, ouvrier." J'ai retrouvé ce texte dans un post du 11 janvier 2009 .  Et j'ai eu envie de le joindre à un trop rapide commentaire publié sur facebook le 17 juin dernier :   " J...

J'aurais aimé ne pas me souvenir de Claude Allègre.

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Claude Allègre, Ministre de l'éducation nationale. Je sais, le titre est un peu rude !  Ce blog est habituellement destiné à inscrire des moments ou des événements qui m'ont m arqué. Et plus souvent encore, il propose des portraits sensibles de personnes : promoteurs d'itinéraires culturels, scientifiques, spécialistes de l'architecture ou du patrimoine, ou encore, des créateurs dont la rencontre physique ou intellectuelle a vraiment compté. Mais il faut parfois faire des exceptions. En particulier quand la détestation a été trop grande, en intervenant de surcroit sur le cours de ma vie. Sans confidences intimes.  Mais avec des confidences professionnelles. Le post que j'ai consacré, il y a quelques mois, à me remémorer mon parcours professionnel, me tenait à coeur. Tout d'abord par la diversité d'activités  dont il me semblait devoir témoigner, mais aussi par pla isir de défier wikipédia sur son terrain,  à un moment où je dispose de tout l'espace et du...

Je me souviens des légumes en papier de Bernadette Lambrecht

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  Bernadette Lambrecht. Collection personnelle. Cliché MTP.   Lorsque je prends le temps de rechercher des informations sur les artistes auxquels j'ai consacré des articles, de 1977 à 1987, il me suffit de consulter le site web mis au point par Nadia Prete pour récapituler et actualiser tout le travail de la revue Textile / Art à laquelle j'ai participée et que j'ai même dirigée sous ses formes successives : Driadi, Textile / Art et Textile / Art / Industrie, avant de rédiger l'Art Textile chez les Editions Skira et Rizzoli. . C'est ainsi que j'ai appris le décès récent d'un ami proche, Patrice Hugues , dont les textes et les oeuvres m'ont fortement influencé et mobilisé. Mais c'est grâce à la presse belge que j'ai appris, avec retard, la disparition en 2009 d'une artiste et enseignante discrète qui m'avait fait l'honneur de m'inviter à participer au jury de son enseignement à Mons. Bernadette Lambracht faisait partie des cré...

Je croyais me souvenir de Paris Texas.

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  Je pensais que j'avais vu tous les films de Wim Wenders.  C'était bien sûr me prendre pour un super cinéphile tant la liste, que je viens de consulter pour rédiger ce post, est terriblement longue.  Mais, au plus près de ces dernières années, je reste sur la fascination que j'ai éprouvée pour " Perfect Days ", sorti en salle il y a deux ans. Il me restait aussi en tête cette présentation en 3D nécessitant des lunettes colorées, comme au Cinéac de la Gare Saint Lazare de mon enfance, étrange lecture pénétrante de tableaux, préparée pour accompagner l'exposition consacrée à Edward Hopper à la Fondation Beyeler de Bâle, il y a cinq ans.  Et, surtout, m'est revenue cette descente dans la salle de projection du Centre Pompidou en 1989 pour assister, en présence du cinéaste, à la projection de " Carnets de notes sur vêtements et villes ", saisi avec une caméra numérique entre le Japon et Paris, sur la trace du créateur de mode  Yohji Yamamoto  do...

Je me souviens : Monique et Claude Levi-Strauss. 1979. Un rendez-vous inattendu, ou un rendez-vous manqué ?

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Pour ouvrir les tiroirs dans lesquels les souvenirs ont été rangés, ou enfermés, il faut disposer de la bonne clef. Elle est souvent bien cachée. Mais parfois, par chance, c'est le hasard d'une lecture ou d'une voix, qui indique où elle se trouve. Le contenu du tiroir est alors à portée de mains, mais encore faut-il qu'on accepte le rendez-vous ainsi proposé par la vie.  C'est ce qui m'est arrivé récemment. En ce début d'année, les stations de radio et les chaînes de télévision ont porté le regard sur une personne qu'une grande partie du public ignorait. Une personne de l'ombre.  A l'ombre d'un " grand homme " pour reprendre une expression commune. " Monique Lévi-Strauss : le XXème siècle en héritage ". Tel était le titre d'une émission de France Culture qui se référait à sa vie, mais s'appuyait sur la parution récente de son ouvrage : " J'ai choisi la vie " (Plon éditeur). Si le sujet latent porte bi...

A Trielle, entre botanique, théâtre du mouvement et danse des jardins

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  J'étais heureux de constater que la Ferme de Trielle avait augmenté de manière significative sa visibilité sur internet. Si cette ferme / lieu de création revient dans mes souvenirs, c'est forcément qu'elle est liée aux itinéraires culturels du Conseil de l'Europe et que j'ai eu à plusieurs reprises, le plaisir d'y assister à des spectacles, mais aussi d'y intervenir.  Pour être encore plus précis, ce lieu unique situé dans la zone des estives du Massif Central, a fait partie avec le Théâtre du Peuple de Bussang (pour les " Théârales des jeunes en Europe " et " Les Arts du Geste ") des trésors perdus, ou plutôt sacrifiés en 2004 par une Directrice de la Culture qui a cru bon d'éliminer " les itinéraires qui ne sont pas des itinéraires ", c'est à dire ceux - selon sa définition personnelle - qu'on ne pouvait pas tracer sur une carte. C'était certes ignorer que la définition même des itinéraires culturels s...